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La poliorcétique est dans l'art de la guerre, la science et technique du siège et de la prise d'une
place forte (grec poliorketikos). J'associe aujourd'hui cette
technique à ce que fait un grand nombre de trader face aux marchés, sans le savoir.
Inutile de donner toutes les façons d'aborder un siège. Une, c'est déjà du travail !
Les "gros" : Institutions, Banques et autres, en utilisent de multiples que nous verrons plus bas. Nous n'avons pas les mêmes moyens et forces de frappes. Concentrons-nous sur nos
forces et assumons nos faiblesses.
Pour commencer : qu'est ce qu'un siège dans le domaine militaire ?
C'est l’ensemble des actions menées en vue de s’emparer d’une place forte ou d’une position ennemie. Ces opérations comprennent souvent un blocus, qui permet d’affaiblir la place en la coupant de tout soutien.
L’objectif est d’obtenir sa reddition ou de réaliser sa prise plus facilement.
Et dans le monde du trading ?
C'est la technique qui va permettre d'identifier : le moment d'attaquer le marché, sur quel point, comment et pour quel enjeu personnel et financier. L'objectif est de terminer la journée
avec quelques prises, encore debout et avec le minimum de dégâts. Ceci grâce à la mise en action d'un plan de trading sur-mesure, pertinent et efficace.
Revenons aux "mitaires" avec une technique de siège spécifique à leur
milieu.
Elle consiste à cerner totalement une place forte afin d'empêcher toute entrée et toute sortie de cette dernière par circonvallation (enceintes élevées autour d'une place forte, pour empêcher
toute sortie des assiégés et toute offensive d'une armée de secours venant de l'extérieur. Cette technique fut mise en œuvre à la bataille d'Alésia par Jules César).
On espère ainsi s'emparer du lieu par le temps plutôt que par la force, un assaut frontal contre un
château fort étant extrêmement difficile et coûteux en vies humaines. (Voir article à ce sujet ici).
Mais le temps requis pour faire tomber une place manque souvent aux agresseurs. En effet, immobilisé par le siège, ils ne peuvent plus manœuvrer contre d'autres armées adverses qui peuvent alors
prendre l'initiative de forcer la levée du siège (en se concentrant) ou alors la liberté d'aller ravager les terres et villes ennemies. Donc pour retrouver sa disponibilité opérationnelle, il
faut réduire la durée du siège.
Techniques de siège dans notre domaine : celui du trading.
- analyse des signaux concernant la psychologie du marché, (volume anormal, volatilité,
tensions économiques, désordre politique, crise, attentat, etc)
- analyse de son état et comportement perso, (ceci influence forcément sur la prise de risque). On n'attaque pas une "forteresse" fatigué ou irrité par le bruit d'un voisin.
- identification des points clés pour la journée, (entrées, sorties - attaque/défense). Ceci implique de patienter parfois de longues heures.
C'est notre arme.
- évaluation des probabilités de gains/pertes,
- identification de la prise et contrôle des risques par le money management,
- partie "mea culpa" : apprendre de ses erreurs. Comprendre, corriger, améliorer et assumer.
- rédaction des règles et directives sur un support, (papier, fichier tableur, traitement de textes...)
L'intérêt de cette démarche en respectant ce plan est aussi d'être réactif et disponible face à l'imprévu, ou l'urgence (rupture de flux, panne adsl, PC H.S.)
Finalement, on peut s'apercevoir qu'un plan de trading, correspond à un plan de bataille. Comment va-t-on procéder pendant la journée ? Sur quel support et combien de pertes sommes nous prêt à
risquer/sacrifier pour combien de gain (Risk/Reward) ? Envisager les différents cas de figures pour mieux atteindre l'objectif..
Du côté des "gros" : Banques, Institutionnels, Fonds etc, ils utilisent visiblement quelques techniques. A noter que dans leur cas, la
patience ne leur sert à rien...
- Mines et sapes : saper la base. Ils alimentent sans arrêt le carnet d'ordre au Bid ou Ask (Acheteur/Vendeur). C'est d'ailleurs souvent dans ces cas là qu'on a l'impression que le
marché est manipulé. C'est visiblement le cas.
- Bombardement : Balancer quelques
gros ordres "Market" ou "Prix du marché" qui déstabilise les lignes du carnet d'ordres et squeeze les indicateurs. L'interêt est de créer un sentiment de panique. (Voir article sur l'allélomimétisme ici).
-
Bélier : positionner à fréquence réduite des gros ordres sur une même ligne du carnet d'ordres.
Ces
techniques sont identifiables lorsque l'on regarde le carnet d'ordres très régulièrement et longuement. Bien sûr, il y en a d'autres.
À cause des problèmes logistiques, les sièges importants, supposant une armée non négligeable, ne pouvaient être maintenus sur de longues durées. C'est pareil pour nous. Après une journée de 16h00 devant l'écran, faut prendre le temps d'aller boire au moins un verre d'eau. ;-)
Le plan de trading comme pour le siège d'une cité, comprend une méthode d'analyse donnant des "signaux d'attaques", couplées à un ensemble de règles et protections pour
les interventions et la gestion de ses ressources humaines et financières.
Vauban aurait sûrement été un excellent trader pour un fond ou une banque .
Pour mémoire, au XVIIe siècle, Vauban apporte trois innovations majeures
décisives aux techniques d'attaque des places fortes.
Il codifie la technique d'approche en faisant creuser trois tranchées parallèles très fortifiées reliées entre elles par des tranchées de communications en ligne brisée pour éviter les tirs défensifs en enfilade. La première creusée hors de portée de canon et très fortifiée sert de place d'arme et prévient une attaque à revers par une armée de secours. La deuxième, à portée de tir permet d'aligner l'artillerie que l'on positionne vers un point de faiblesse des fortifications. La troisième, à proximité immédiate des fortifications permet le creusement d'une mine ou l'assaut si l'artillerie a permis d'ouvrir une brèche dans la muraille. Le retranchement doit être suffisant pour interdire une sortie des défenseurs.
Vauban préconise l'utilisation de pré-fortifications avec des matériaux absorbants tels que le sable ou la
brique. Il ralentit la progression des assaillants par diverses "couches" successives de défense. En outre il met en oeuvre des murailles aux formes caractéristiques, qui réduisent les angles
morts au pied des citadelles et permettent la contre-attaque vers les assaillants qui seraient arrivés jusque là. Il entoure les places-fortes existantes d'une double enceinte de remparts,
pentagonaux, reliés par des galeries souterraines. Bref, c'était son truc.
L'assaillant c'est nous. La ville à prendre, c'est le marché/support.
A noter que poliorcétique n'était sûrement pas dans le vocabulaire de Rambo :
trop de syllabes.
Quoi que...
En attendant : Tayau ! Boudiou.
Sources : wiki & co.
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